Espèces - Oiseaux
>> Balbuzard - Pandion haliaetus
Le Balbuzard pêcheur est un rapace emblématique, mesurant plus d’1,5m d’envergure. Migrateurs, plusieurs milliers d’oiseaux traversent la France pour aller ou revenir d’Afrique. Il se nourrit exclusivement de poissons qu’il pêche de manière spectaculaire sur les cours d’eau et les lacs. Il est reconnaissable à ses longues ailes et sa queue courte et carrée, sa tête est fine, proéminente et blanche avec une barre noire sur un œil jaune et son bec crochu est long et noirâtre. Son plumage est noir sur la face supérieure, blanc dessous et brun foncé sur le dos. En France, l’espèce est en plein essor, mais il ne se reproduit qu’en région Centre et en Corse et est fidèle au site. La ponte comprend souvent 3 œufs et la couvée dure environ 40 jours. Les jeunes volent au bout de 7-8 semaines.
>> Canard souchet - Anas clypeata
De taille moyenne, il est reconnaissable à son long bec massif en forme de spatule qui lui permet de filtrer l’eau et la vase. Outre ce signe distinctif, le mâle se reconnaît en période nuptiale à sa coloration contrastée : tête verte, poitrine blanche, verte et flancs brun-rouge. La femelle comme chez la plupart des canards est brune tachetée de sombre, ce qui constitue un excellent camouflage pour l’oiseau couvant ses œufs parmi la végétation.
Canard de surface, le souchet aime les étendues d’eau stagnante peu profondes où il trouve sa nourriture composée de plancton qu’il recueille en filtrant l’eau. On le voit alors se livrer à des rondes, il tourne sur lui-même afin de créer un tourbillon qui fait monter les particules nutritives du fond.
En France, il est présent principalement dans une moitié nord-ouest du pays avec des populations en Plaine du Forez, en Dombes et sur le littoral méditerranéen, mais est en très forte diminution sur ses fiefs de la Dombes et du Forez.
Les couples s’installent généralement en mars et la ponte est déposée en avril ou mai. En moyenne 10 oeufs sont cuvés 22 à 23 jours. En hiver, les populations nordiques viennent gonfler les effectifs locaux et de grand rassemblement peuvent être observés.
L’hivernage de cette espèce est récent en Forez, depuis 1995 et uniquement sur l’Ecopôle du Forez où il a trouvé nourriture et surtout tranquillité sur les anciennes gravières réaménagées. Entre 200 et 400 individus de cette espèce, suivant la période, passent l’hiver sur ce site. Ils ne sont perturbés que par le gel ou les crues (phénomènes naturels).
>> Chevalier Gambette - Tringa totanus
Ce limicole d’une cinquantaine de centimètres d’envergure appartient à la famille des bécassins. Son plumage est plutôt sombre mais ses flancs sont mouchetés de brun-gris. Il y a deux moyens de le reconnaître : en vol, on remarque aisément la bande blanche qui borde l’arrière de ses ailes, son dos et son croupion également blancs tandis qu’à terre, il se reconnaît à ses pattes rouge orangé caractéristiques. Son bec, également rouge se termine par une pointe noire.
Il se nourrit, comme tous les limicoles, d’animaux (insectes, mollusques, vers, crustacés…) qu’il trouve dans la vase, au pied des roselières, en bord d’étang ou de cours d’eau.
On en dénombre 1400 couples nicheurs en France. Il fait son nid, entre avril et juin, dans des touffes d’herbe au milieu des tourbières, clairières ou en bordure de cours d’eau. C’est un migrateur partiel, c’est-à-dire qu’une grande partie des oiseaux mais pas tous, quittent le nord de son aire de nidification pendant l’hiver, qu’il passe au niveau des estuaires, dans les régions méditerranéennes et en Afrique. Sa chasse est autorisée en France. Il est inscrit sur la liste rouge nationale comme “espèce vulnérable”.
>> Cincle plongeur - Cinclus cinclus
Véritable boule de muscle, le Cincle plongeur ou merle d’eau n’a guère que la couleur en commun avec ce dernier. Adepte des ruisseaux clairs et oxygénés des têtes de bassin, il a besoin pour vivre d’une grande abondance d’invertébrés aquatiques qu’il capture en marchant à contre courrant sur les fonds caillouteux. C’est un excellent témoin de la qualité des milieux aquatiques.
Les couples se forment très tôt durant l’hiver et il n’est pas rare que les premières pontes soient déposées en février. Le nid est situé à proximité immédiate du cours d’eau, dans un trou de rocher, d’un vieux mur, sur la margelle d’un pont ou encore contre le tronc d’un vieil arbre. C’est une boule de mousse qui passe souvent inaperçue malgré sa taille proche de celle d’un ballon de foot. 5 œufs sont couvés un peu plus de 2 semaines par la femelle et l’élevage des jeunes incombant aux 2 parents. Les jeunes s’émancipent en quelques semaines et partent à des dizaines de kilomètres. Le baguage des oiseaux a prouvé que les Cincles adultes sont extrêmement fidèles à leur territoire et peuvent y demeurer toute l’année.
>> Circaète Jean-Le-Blanc - Circaetus gallicus
Les gorges de l’Allier et de la Loire forment d’immenses entailles dans le plateau du Velay. Une importante population de Circaètes Jean-le-blanc vit là. Ces grands rapaces rentrent d’Afrique tropicale, de mars à octobre, pour leur reproduction. Landes et prairies des flancs des vallées lui offrent encore les territoires de chasse nécessaires ; mais l’avancée de la forêt menace sa survie.
>> Fuligule morillon - Aythya fuligula
Canard noir et blanc à petite huppe tombante à l’arrière de la tête, le Fuligule morillon est un plongeur qui cherche ses proies (mollusques et végétaux) dans la vase. Il apprécie les grandes étendues d’eau avec une végétation et une microfaune aquatique riches. C’est un nicheur rare en France (environ 600 couples). Pour se reproduire, elle recherche des plans d’eau de taille diverse, lacs, étangs, embouchures de rivières, mares prairiales ou industrielles, bassins de décantation, plans d’eau péri-urbain, pourvu que les oiseaux puissent bénéficier d’une certaine quiétude sur leurs sites de reproduction. En hiver, le Fuligule se concentre sur quelques grands sites, passant la journée à se reposer et la nuit à se nourrir. L’espèce, qui est chassable, est surtout vulnérable en période de nidification du fait du manque de tranquillité sur les zones humides susceptibles de l’accueillir lors de sa reproduction.
>> Guêpier d’Europe - Merops apiaster
Ce magnifique oiseau est une acquisition récente pour l’Auvergne. Les Guêpiers se sont installés, comme nicheurs, voici 20 ans. Durant sa période de présence (fin avril à début septembre), ils trouvent sur les bords de la rivière, nourriture (libellules, papillons, bourdons…) et logement (talus verticaux) à volonté, pour se reproduire. La vallée de l’Allier est maintenant un bastion pour cet oiseau.
>> Héron cendré - Ardea cinerea
Depuis qu’il est protégé, la silhouette gracile de ce bel échassier est visible partout. Au bord des rivières, lacs, dans les marais ou les champs. Le Héron cendré affûte campagnols, poissons, grenouilles, serpents...pour s’alimenter. Ses sites de reproduction sont régulièrement répartis le long de la rivière, où les grands peupliers noirs accueillent les colonies (des couples isolés à plusieurs dizaines). De fin janvier à début juin, le héron cendré élève une nichée de 2 à 5 jeunes
>> Hirondelles de rivage - Riparia riparia
Plus petite hirondelle de France, l’hirondelle de rivage est inféodée aux zones humides naturelles (rivières, fleuves, falaises côtières) ou artificielles (carrières de sables). Seule hirondelle à dos brun, on la distingue facilement par sa courte queue à peine échancrée. Espèce migratrice, elle quitte l’Afrique courant mars pour rejoindre la France où elle restera jusqu’au mois de septembre. Très grégaire, elle vit en colonie dans les secteurs de la Loire et de l’Allier où la dynamique fluviale est très active et forme des falaises d’érosion. C’est l’un des rares oiseaux de France à creuser le sol. Elle profite des sédiments friables des falaises érodées pour construire des galeries et établir son nid en profondeur, là où la température et l’hygrométrie sont relativement constantes. Aimant se déplacer en bandes souvent bruyantes, les hirondelles de rivage sont facilement repérables lorsqu’elles chassent les moustiques au-dessus des eaux et filent dans le ciel comme autant de minuscules flèches.

La reproduction des hirondelles de rivage étant liée à la présence d’habitats fragiles et instable comme les falaises érodables, leurs effectifs nicheurs en France subissent d'importantes fluctuations annuelles.
>> Locustelle tachetée - Locustella naevia
La Locustelle tachetée est une petite fauvette discrète difficile à repérer lorsqu’elle ne chante pas, d’une couleur brun olive vague ment striée dessus et d’un blanc cassé dessous. Son chant caractéristique ressemble à une stridulation d’insecte, monotone et aiguë. Insectivore, elle occupe des milieux très divers plus ou moins humides mais exige une configuration de la végétation bien particulière, une strate herbacée dense surmontée d’arbrisseaux ou de buissons clairsemés. Nicheuse en France, la Locustelle tachetée établit son nid à même le sol ou à faible hauteur et donne naissance à deux couvées. Cette espèce arrive en France début avril et repart dans ses quartiers d’hiver fin septembre. La principale menace pesant sur cette espèce réside dans la destruction de son habitat (défrichements au profit de l’agriculture intensive et de l’urbanisation).
>> Milan noir - Milvus migrans
Le Milan noir est un rapace diurne de couleur sombre à la queue longue et échancrée. Visiteur estival en France, il fréquente les terrains ouverts parsemés de forêts ou de bosquets près des lacs et des cours d’eau. Son régime alimentaire est varié et opportuniste : poissons malades, petits mammifères, insectes, charognes, détritus... Très fidèles à leur site de nidification, les couples sont sociaux et peuvent nicher à quelques dizaines de mètres les uns des autres dans de hauts arbres. Ils donnent naissance à un ou deux jeunes par an. Dégradation de son habitat, toxicité des proies (poisons destinés aux renards), collisions contre des lignes électriques ou électrocution sont les principales menaces qui pèsent sur lui. Des mesures de conservation sont ainsi entreprises pour préserver cette espèce patrimoniale.
Avec des effectifs stabilisés en France et en augmentation en Poitou-Charentes (avec respectivement 10 000 et 600 couples nicheurs), le milan noir est cependant menacé
>> Oedicnéme criard - Burhinus oedicnemus
Oiseau aux mœurs crépusculaires, il est reconnaissable par ses grands yeux jaunes qui lui confèrent une vision nocturne et anime les grèves par de longs sifflements émis le soir ou la nuit.
Migrateur venu de péninsule ibérique et d’Afrique du nord, il arrive dans nos régions en mars et s’installe sur les grèves caillouteuses de la Loire et de l’Allier, les étendues de champs cultivés et les friches. Son plumage lui permet de se camoufler aisément dans ces milieux arides et à végétation rase. Le nid, simple cuvette à même le sol, accueille généralement deux œufs. Cet oiseau, protégé au niveau national et inscrit à la Directive Oiseaux, est en déclin en Europe.
>> Petit Gravelot - Charadrius dubius
Le Petit Gravelot a fière allure avec son dos beige, son ventre blanc, son masque et collier noir et son oeil bordé de jaune. Ce tout petit oiseau migrateur qui arrive sur la Loire en mars et repart pour l’Afrique entre juillet et septembre, trouve dans les îlots et grèves de Loire son habitat de prédilection. Il est toujours agité, court très vite et vole comme une flèche, mais quand l’oiseau se tient immobile il est parfaitement invisible parmi les grèves ligériennes. Ses quatre oeufs placés à découvert au milieu des cailloux sont tout aussi mimétiques. Si un importun approche de son nid, l’oiseau jusqu’alors invisible, se découvre, marche en titubant, volette, retombe l’aile pendante en poussant des cris plaintifs. L’intrus suit ce pauvre oiseau blessé qui ne se laisse cependant pas approcher et quand le gêneur est arrivé loin du nid, l’oiseau décolle soudain plein de vie, et attend que le danger est disparu pour regagner son nid.
>> Râle des genêts - Crex crex
Oiseau aux mœurs discrètes, il se repère par son chant caractéristique : séries de CRE-CRE... sonores, portant à plus de 500 m. Migrateur, il est de retour mi-avril en Anjou et installe son nid au sol dans les prairies alluviales. Les jeunes, qui ne savent voler qu’à l’âge de 30 jours, sont particulièrement sensibles à l’entretien pratiqué sur les prairies et la reproduction peut être totalement anéantie en cas de fauche précoce.
Menacé en France, il souffre de l’intensification des pratiques agricoles : fauches précoces, destruction des pairies, disparition des zones inondables.
>> Spatule Blanche - Platalea leucorodia
En France, la Spatule blanche est estivante, nicheuse, localisée et rare. Protégée en France, l’espèce est considérée comme vulnérable. Les populations sont en déclin au niveau européen.
L’espèce niche en colonie, dans les arbres (saulaies et aulnaies inondées), parmi les hérons cendrés. La nidification est très discrète et passe souvent inaperçue car la spatule recherche la tranquillité, l’absence de dérangement et les adultes n’hésitent pas à aller se nourrir à plusieurs kilomètres, dès lors que les conditions sont favorables (vasières abondantes, faiblement inondées).
La préservation de la Spatule blanche dans les marais de Mazerolles, comme sur les autres sites, passe par la protection et le maintien de la forêt alluviale, l’amélioration de la gestion hydraulique et la conservation d’une exploitation agricole des prairies humides pour fournir des surfaces d’alimentation optimales.
On dénombre une centaine de couples dont la quasi totalité est localisée en Loire-Atlantique, sur le lac de Grand-Lieu, en Grande Brière et dans les marais de Mazerolles.
>> Sterne pierregarin - Sterna hirundo
Le printemps arrive et la Loire découvre peu à peu ses grèves et bancs de sables. C’est alors que les Sternes, pierregarins ou naines reviennent d’Afrique pour nicher sur notre territoire. On les aperçoit aisément survolant la Loire ou l’Allier en quête de poissons durant la période de reproduction. Les grèves dépourvues de végétation sont leur lieu de prédilection pour installer leur nid et couver leur progéniture. C’est à la fin du mois d’avril ou au tout début du mois de mai que les premiers œufs sont déposés : ils sont au nombre de deux ou trois. Tachetés, ils se confondent parfaitement à leur environnement minéral et déjouent les prédateurs mais ne peuvent pas résister aux pieds ou aux roues d’un promeneur, à un chien ou un quad. Aussi, d’avril à juillet, évitez de fréquenter ces pouponnières
>> Tarier des prés - Saxicola rubetra
Le Tarier des prés, petit oiseau brun au ventre et à la gorge orangés, habite les prairies humides fauchées, les friches, les landes ou encore les marais. Il y trouve les petites bêtes dont il se nourrit (insectes, araignées, vers…). On le reconnaît à son sourcil blanc caractéristique, qui domine une joue noire chez le mâle. Grand chanteur pendant la période de reproduction, ce dernier se positionne, bien en vue, en hauteur au sommet de plantes, de buissons, sur les piquets des clôtures…
Il s’agit d’un oiseau migrateur : il passe l’été et se reproduit dans nos régions et repart dès août ou septembre pour passer l’hiver en l’Afrique tropicale. L’espèce, en fort déclin, a beaucoup souffert de la plantation de peupliers ou d’autres cultures intensives, dans les prairies humides qu’il occupait. Aujourd’hui encore, il est fréquent que ses nids, faits de racines et d’herbe sèche, à même le sol, près de buissons ou de touffes d’herbe, soient détruits par une fauche trop précoce. Pour ces raisons, l’espèce est protégée au niveau national.

Dispositif mis en oeuvre dans le cadre de la plate-forme "Recherche, données, information"