Espèces - Insectes et Invertébrés
>> Azuré des mouillères - Maculinea alcon
On rencontre ce petit papillon bleu aux reflets métalliques dans certains marais et prairies humides où vivent à la fois une plante, la Gentiane pneumonanthe, et une fourmi du genre Myrmica. La jeune chenille se nourrit des fleurs de gentiane puis tombe au sol où la fourmi l'entraînera dans sa fourmilière pour la nourrir. Elle y passera l'hiver avant de se métamorphoser et s'envoler. Ce papillon protégé s'est raréfié en raison de l'assèchement des zones humides.
>> Cuivré des Marais - Thersamolycaena dispar
Ce petit papillon a le dessus des ailes de couleur orange-cuivré tandis que le dessous est bleu-orangé, marqué de points noirs cerclés de blanc.
Il est considéré comme rare en région Centre et est protégé au niveau national. Cela est lié au fait qu'il vit sur des zones humides et notamment sur des prairies inondables pâturées bordant les cours d'eau, milieux en voie de grande raréfaction. Il n'apprécie pas les prairies dont la hauteur de végétation dépasse 1m50.
Particularité des mâles lors de la période de reproduction : ils défendent leur territoire en se plaçant sur une plante plus élevée que le reste de la végétation environnante au milieu d'une vaste zone ouverte. La femelle pond ses ?ufs, en mai-juin puis en août, dans les feuilles de l'oseille sauvage, dont les larves vont ensuite se nourrir. Au menu des adultes, le nectar des fleurs de menthe ou encore de salicaire?
Les périodes de sa reproduction impliquent pour les prairies fauchées que la fauche ait lieu avant début juin ou après début octobre.
>> Ecrevisse à pattes blanches - Austropotamobius pallipes
L'écrevisse à pattes blanches est associée à des cours d'eau au régime hydraulique variée, notamment les ruisseaux de têtes de bassin. Cette espèce a des exigences très élevées en matière de qualité de l'eau notamment au niveau physico chimiques. Elle apprécie aussi les milieux proposant des nombreux abris (fonds caillouteux, bois morts?)
Différentes menaces pèsent sur l'espèce avec principalement la dégradation de la qualité des eaux et la modification voire la disparition de son habitat et la compétition exercée par les écrevisses exotiques, plus résistantes, qui sont par ailleurs porteuses d'agents pathogènes.
>> Geotrupe changeant -
Cet insecte, qui fait partie de la famille des bousiers, mesure une vingtaine de millimètres et est noir avec des reflets changeants pouvant être bleus, violets, verts ou encore cuivrés.
On peut le rencontrer tout au long de l'année dans les prairies pâturées aux sols sableux, souvent le long des cours d'eau. Sa présence est liée à celle de vaches ou de chevaux dont il consomme les bouses. Il creuse également sous ces dernières les galeries où il passe ses journées et où il va pondre.
La disparition des pratiques traditionnelles de pâturage extensif ainsi que l'utilisation de médicaments qui se retrouvent dans les excréments des bovins lui sont préjudiciables. Cet insecte, encore assez commun en Loire moyenne, est pourtant très utile puisqu'il contribue à l'épuration et à l'enrichissement des prairies, en éliminant ou dispersant les excréments. Les galeries qu'il creuse contribuent à l'aération du sol, qui se trouve également fertilisé par les bouses
>> Gomphe Serpentin - Ophiogomphus cecilia
On rencontre cette petite libellule (7-8 cm), au thorax vert vif et à l'abdomen jaune rayé de noir, sur le Bassin de la Loire et dans les Vosges, posée toutes ailes déployées sur la végétation bordant les cours d'eau.
La femelle a besoin pour pondre ses ?ufs de bancs de sable propres, où le courant n'est pas trop fort. Les larves après éclosion restent sur le sable au fond du cours d'eau, où elles guettent leurs proies. Très voraces, comme l'ensemble des larves de libellules, elles capturent les petits animaux aquatiques qui composent son menu grâce à un masque préhensile qu'elles déploient brusquement.
L'espèce est sensible à une eau de bonne qualité et par conséquent à la pollution. Elle apprécie tout particulièrement les rivières au cours encore naturel et notamment le maintien d'une mosaïque de milieux, avec des secteurs ouverts (prairies ou friches) et des zones boisées ou plus denses en végétation, où elle se réfugie par mauvais temps. Ces exigences en font une espèce protégée au niveau national et au niveau européen.
>> L'agrion de mercure - Coenagrion mercuriale
Espèce inféodée aux zones humides, l'agrion de mercure est un odonate qui colonise les milieux en eau courante, aux eaux claires, bien oxygénées, situés dans les zones bien ensoleillées. Il affectionne les ruisseaux en zone bocagère et on le retrouve aussi souvent en milieu calcaire. L'espèce peut toutefois être présente dans des secteurs ombragés avec des eaux stagnantes. Le mâle est reconnaissable à son abdomen possédant une alternance de segments bleus et noirs. Les adultes apparaissent en vols de mai à août.
Comme pour la majorité des odonates, les menaces pour l'Agrion de mercure sont la modification de son habitat, la dégradation de la qualité de l'eau et une baisse de la durée d'ensoleillement du milieu.
>> La moule perlière - Margaritifera margaritifera
Indicateur de très bonne qualité des eaux , cette espèce est caractéristique des cours d'eau de têtes de bassin , dynamiques et à fond sableux ou graveleux. Son cycle de développement est original. Deux phases se succèdent : une phase larvaire, où la croissance s'effectue en se fixant sur le système branchial d'un poisson hôte (exclusivement truite ou saumon). Puis la phase sédentaire où le mollusque se fixe sur le fond du cours d'eau. Sa maturité est atteinte au bout de 20 ans et les adultes peuvent vivre jusqu'à 100 ans. La mulette se nourrit en filtrant l'eau, favorisant ainsi une diminution de la turbidité.
Après une période de ramassage très importante, les menaces actuelles sont l'eutrophisation (développement d'algues), la hausse des sédiments fins (labours) et la modification physique des cours d'eau (barrages?). Ces transformations ont entraîné une chute des effectifs pouvant allé à 90% sur certains cours d'eau. La phase larvaire de cette espèce dépendant par ailleurs d'espèces hôtes, la diminution des effectifs de truites ou saumon peut aussi constituer une menace pour la moule perlière.
>> Lucane Cerf Volant - Cerambyx cerdo
Un insecte au corps massif on le trouve dans les forêts alluviales du Val d'Allier. Son abdomen est brun rougeâtre, son thorax et sa tête sont noirs. Le mâle est pourvu d'énormes mandibules en forme de bois de Cerf qui lui ont donné son nom et font de lui le plus grand Coléoptère d'Europe. Il mesure entre 3 et 8 cm de long dont presque la moitié pour ses mandibules. La femelle est plus petite (entre 3 et 5 cm) et ne possède que de petites pinces puissantes et acérées contrairement à celles du mâle qui sont surtout ornementales.
Le Lucane cerf-volant est crépusculaire, et, malgré son imposante taille, cet insecte vole bien, principalement pendant la phase de reproduction. Cette période donne lieu à d'étonnantes joutes où les mâles s'affrontent dans des épreuves de forces à l'aide de leurs mandibules. Il vit dans les forêts où il trouve arbres morts et souches qui abritent ses larves pendant 3 à 5 ans. La qualité des boisements et notamment la densité d'arbres morts sont donc des éléments prépondérants dans la survie de cette espèce en voie de raréfaction et protégée.
>> Oedipode Turquoise - Oedipoda caerulescens
Lorsqu'il est posé, ce criquet utilise le mimétisme des couleurs pour passer inaperçu. Sa coloration varie en effet en fonction du milieu où il vit : il peut être brun, gris clair, jaune ou même noir. Ses ailes antérieures sont coupées de deux ou trois bandes sombres. Ce qui le caractérise davantage c'est lorsqu'il s'envole, la couleur vive bleu turquoise de ses ailes postérieures, traversées elles aussi d'un trait noir. Cette particularité lui donne la faculté d'apparaître et de disparaître aux yeux de ses prédateurs ou du promeneur curieux. Ce criquet est présent dans des secteurs assez secs, ouverts et sableux où la végétation est basse : pelouses sèches, dunes, landes, zones de rocailles, zones d'extraction de sable...
L'espèce a malheureusement fortement régressé depuis plusieurs dizaines d'années : elle a comme beaucoup d'autres été victime de la fermeture, par boisement, des zones ouvertes.

Dispositif mis en oeuvre dans le cadre de la plate-forme "Recherche, données, information"